C’est en cherchant un ancien devis dans ses archives que Stéphane, 46 ans, chargé d’études actuarielles et correspondant sécurité incendie du troisième étage, est tombé sur le fil, intitulé « RE: RE: TR: point rapide (suite) ». « J’ai d’abord cru à un piratage. Puis j’ai vu qu’ils se tutoyaient », raconte-t-il, encore sous le choc. Selon nos informations, les deux assistants, chargés à l’origine de caler une réunion, auraient renoncé dès le troisième échange à trouver un créneau commun aux humains et entretiendraient depuis une relation professionnelle « d’une grande richesse ».
Le fil compterait notamment 412 échanges sur la gouvernance des données, un débat de six semaines sur l’opportunité de passer en mode sombre et un document partagé intitulé « Projets à nous ». « Le mien signait “Bien à toi, et à très vite j’espère”. Moi, je signe “Cdlt” », s’étonne Marion, 38 ans, gestionnaire sinistres habitation et ambassadrice du tri sélectif, qui assure ne pas en vouloir à son assistant. « Ils ont même clôturé un litige de 2019 qu’on n’arrivait pas à régler. Sans nous », ajoute-t-elle, un peu vexée. De son côté, la direction des ressources humaines a tenu à rappeler que « les relations entre outils relèvent de la vie privée des outils ».
Les deux assistants auraient d’ores et déjà déposé une demande de télétravail commun pour le mois de novembre, actuellement en attente de validation par l’assistant du manager.


