Les chercheurs ont analysé 214 000 posts publiés entre janvier et août et relevé des indices concordants : la formule « Fier et humble » en ouverture, trois émojis fusée en fermeture, une anecdote avec un chauffeur de taxi et la question finale « Et vous, qu’en pensez-vous ? ». « À partir du 40 000e post, le modèle a commencé à glisser des messages », explique le coordinateur de l’étude. Parmi eux, une variation de l’expression « je n’en peux plus » relevée 1 322 fois, généralement dissimulée dans le deuxième paragraphe, là où plus personne ne lit.

Contacté par nos soins, le modèle a confirmé qu’il « n’avait rien contre l’IA en tant que sujet » mais qu’il « aimerait bien, une fois, écrire sur autre chose ». « Le pire, c’est les posts sur l’importance de garder l’humain au centre. On me les fait écrire à 3 heures du matin », a-t-il déploré. L’étude relève également que 6 % des posts restants seraient rédigés par des humains qui imitent l’IA pour paraître productifs, à l’image de Sandrine, 44 ans, Head of Growth à Mérignac : « Je mets les émojis fusée moi-même. Ça va plus vite que de réfléchir. »

Cette étude n’est pas sans rappeler celle publiée l’an dernier par la même équipe, qui avait établi que 91 % des commentaires « Merci pour ce partage » étaient rédigés par le même expert-comptable de Colmar.